L’industrie se développe en Afrique

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2016 l’industrie Africaine toujours marginalisée; Seulement 1,1%, tel est le poids de l’Afrique tout entière dans la production manufacturière mondiale c’est la triste réalité. Ce chiffre marquant est l’un des enseignements du rapport de deux organisations des Nations Unies, la CNUCED (développement) et l’Onudi (industrie).  « Promouvoir le développement industriel en Afrique dans le nouveau contexte mondial » www.procurafrica.com.

L’Afrique malgré son milliard d’habitants, soit 15% de la population mondiale, le continent reste totalement marginalisé en matière d’industrie et ces dernières années les services et les produits de base ont presque à eux seuls tiré sa croissance. En fait, le taux de la valeur ajoutée manufacturière (VAM) dans le PIB africain qui était de 12,8 % en 2000 a même chuté à 10,5 %.

Les pays africains ou se développé l’industrie se compte sur le bout des doigt; le plus gros de l’appareil productif africain repose sur un petit nombre de pays, pour l’essentiel nous comptons l’Egypte, la Tunisie, le Maroc, l’ile Maurice et l’Afrique du Sud. La situation frappe d’autant plus que si depuis l’an 2000, le poids du continent Africain dans la production manufacturière mondiale stagne à 1%, dans le même temps, la part des pays en développement asiatiques est passée, elle, de 13% à 25%, Chine en tête.

Mais quelles sont les raisons de cette situation  ?  les raison à cette réalité sont multiples. Le problème du développement de l’industrie Africaine vont du manque de « compétitivité-prix » à la taille réduite de beaucoup de marchés intérieurs en passant par le poids du secteur informel et des petites entreprises, la faiblesse des soutiens publics, la bureaucratie souvent corrompue et la ou l’instabilité politique du contient. Des indicateurs résumés dans le classement souvent médiocres de bien des pays d’Afrique dans le classement « Doing business » de la Banque mondiale.

Enfin Comment développer durablement et solidement les économes africaines ? En passant par l’économie industrielle, bien sûr ! Et comment développer l’industrie ? En passant par le développement des infrastructures et la distribution de l’énergie, naturellement. Et comment fait-on concrètement ? La réponse dans cette extrait du rapport.

En Asie, le Japon joue un rôle de chef de file pour disséminer la croissance à travers la région en développant ses importations en provenance des pays voisins et en y effectuant des investissements. Dans les années 80 et les années 90, la Corée, Hong-kong et la province taïwanaise de Chine étaient de gros investisseurs dans l’industrie manufacturière à vocation exportatrice de l’Asie du Sud-Est. Ce modèle est parfois connu sous le nom de syndrome du “vol de canards”, le Japon et les nouveaux pays industriels de l’Asie de l’Est apparaissant en tête de la formation. L’Afrique du Sud pourrait-elle faire la même chose pour ses voisins?
Les investissements extérieurs de l’Afrique du Sud ont certainement augmenté. Entre 1991 et 1994, le montant des investissements directs du pays à l’étranger a plus que triplé dans les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA) et presque doublé dans le reste de l’Afrique. Cependant la plus grande partie de ces capitaux était destinée aux ressources naturelles et non à l’industrie manufacturière.

Les perspectives de croissance des investissements extérieurs de l’Afrique du Sud dans l’industrie manufacturière sont meilleurs à moyen terme que dans l’avenir immédiat:

On constate des difficultés en ce qui concerne le climat d’investissement dans de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne qui, de manière générale, n’ont guère réussi à attirer des investissements étrangers. Ces difficultés résultent d’une infrastructure matérielle insuffisante, des contrôles exercés sur les capitaux et de l’instabilité politique.
L’Afrique du Sud est en voie de sortir d’une longue période d’industrialisation visant à substituer des productions nationales aux produits importés et doit rendre ses propres industries compétitives, ce qui ne se réduit pas seulement à rechercher une main-d’oeuvre à bas salaires.
A la différence des nouveaux pays industriels d’Asie de l’Est, l’Afrique du Sud souffre actuellement plus du chômage que d’une pénurie de main-d’oeuvre, ce qui empêche sans doute les hausses de salaires qui ont stimulé les investissements extérieurs en Asie.
Les pays de l’Afrique sub-saharienne ont des possibilités d’exporter vers l’Afrique du Sud:
Les échanges commerciaux étaient peu importants durant l’époque de l’apartheid en raison des sanctions contre l’Afrique du Sud.

Depuis 1994, les importations sud-africaines de produits primaires et de biens intermédiaires ont augmenté rapidement, pendant que ses importations régionales de produits manufacturés progressaient.
Néanmoins, il y a lieu de réduire encore les mesures de protection de l’Afrique du Sud contre les importations. Les droits de douane nominaux moyens sur les produits manufacturés, qui étaient de 19 pour cent en 1994, sont réduits à 8 pour cent en l’an 2000, mais les droits de douane sur l’habillement restent à 45 pour cent. Du reste la croissance de la demande en Afrique du Sud a été tout à fait lente.

Source: CNUCED, World Investment Report 1997, pages 64 à 71.

IV. DIRECTIVES POUR LA POLITIQUE (i) Restructurer l’industrie

Depuis le milieu des années 90, les économies africaines ont commencé à se développer suffisamment vite pour entraîner une augmentation des revenus réels par habitant, mais pour le moment, il ne semble guère que la valeur ajoutée manufacturière augmente elle aussi régulièrement.

Avec la réduction du soutien accordé aux entreprises inefficaces qui s’étaient développées sous l’influence des mesures d’industrialisation visant à remplacer les importations durant les années 60 et 70, une certaine désindustrialisation était probablement inévitable au cours des 15 premières années d’ajustement structurel. D’autres entreprises devront peut-être encore être abandonnées à l’avenir.

Il faut construire sur la base industrielle existante des pays africains des industries d’exportation compétitives sur le plan international et concurrençant les produits importés, de sorte que l’Afrique puisse prospérer au sein d’une économie internationale de plus en plus ouverte.

La base industrielle se compose presque exclusivement de secteurs agro-industriels. Sur un continent où l’agriculture emploie près de deux tiers de la population active mais produit moins d’un quart du PIB, le recours au développement industriel pour augmenter la productivité agricole pourrait accélérer la croissance et faire monter le niveau de vie.

Le rendement agricole pourrait être stimulé par la production d’intrants, comme les engrais et le matériel agricole simple, et par la transformation plus poussée des produits agricoles.
(ii) Développer les agro-industries

Les secteurs agro-industriels de l’Afrique comprennent une série d’industries caractérisées par un avantage comparatif potentiel. La production de textiles simples, comme des tissus écrus, à l’aide de méthodes à forte intensité de main-d’oeuvre, pourrait tirer parti des avantages que procurent les bas salaires des pays africains sans nécessiter de modernisation technologique massive.

Cela ne veut pas dire que la totalité, ni même la majorité, des produits agricoles africains puissent servir de base à une industrialisation efficace. Il est peu probable que l’Afrique devienne un exportateur de pneus d’importance mondiale grâce à ses ressources en caoutchouc ou exportateur de chocolat grâce à ses ressources en cacao, étant donné qu’il est plus avantageux de fabriquer de ces produits dans les pays consommateurs.

L’industrialisation fondée sur l’agriculture doit être sélective. Vu leurs ressources potentiellement abondantes en cuir, le Nigéria et l’Ethiopie pourraient suivre l’exemple du Brésil et développer les exportations d’articles en cuir et de chaussures. Au fur et à mesure que la technologie se développe, les exportations d’articles en caoutchouc spécial de grande valeur pourraient être développées, comme cela s’est fait en Asie du Sud-Est.
(iii) Importer la technologie et attirer l’investissement étranger

La compétitivité industrielle et la croissance de la productivité dépendent du renforcement des moyens technologiques l, ce qui a été démontré par la montée des pays asiatiques qui, malgré leurs récentes difficultés financières, sont toujours de formidables concurrents. Il n’y a pas de contradiction entre le fait d’acquérir des moyens technologiques et une spécialisation initiale dans des produits à forte intensité de main-d’oeuvre et à faible technicité. Ces exportations fournissent les devises qui permettent d’importer la technologie. Le problème réside dans le fait que pour lancer l’exportation de ces produits, il faut souvent des investissements

l  Il vaut la peine de se rappeler la mise en garde de Paul Krugman qui a déclaré que ce sont les augmentations de productivité qui sont à l’origine du progrès économique. La compétitivité en est le résultat plutôt qu’un but en soi. Voir P. Krugman, “Competitiveness: a dangerous obsession” Foreign Affairs, mars/avril 1994, pages 28 à 44.
étrangers.

L’Afrique n’a pas les sources régionales d’IED qui, en Asie, ont propulsé une ‘deuxième génération’ de NPI, tels que l’Indonésie, vers l’exportation de produits manufacturés. Même certains des pays asiatiques les plus pauvres, comme le Cambodge, ont attiré de tels investissements. Certains pays africains, dont le Lesotho et Maurice, ont attiré des IED asiatiques.

Des arrangements efficaces de promotion des exportations, comme par exemple les zones franches pour l’industrie d’exportation, sont des éléments clés mais exigent une administration efficace et l’absence relative de corruption. Les stimulants à l’investissement dans les textiles et l’habillement seront affaiblis par l’expiration progressive de l’arrangement multifibres d’ici 2005, même si le faible coût de la main-d’oeuvre continue à exercer une grande force d’attraction.

La question de savoir si l’Afrique du Sud pourrait à l’avenir fournir un stimulant économique sous forme de possibilités d’échanges et d’investissement à l’étranger dépend en grande partie du succès de ses propres mesures de libéralisation. Renforcer des groupements tels que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Marché commun de l’Afrique orientale et australe et la Communauté de Développement de l’Afrique australe (CDAA) favoriserait les échanges régionaux et développerait les marchés intérieurs.

(iv) Accroître la part de marché des exportations agricoles  Dans la recherche de produits d’exportation, il est important de ne pas sous-estimer la nécessité d’accroître le rendement de nombreuses cultures d’exportation, qui, d’aprés les critères internationaux, est faible. Des pays comme la Malaisie et l’Indonésie, qui ont réussi à exporter des produits manufacturés dans les années 80, ont aussi investi dans leurs exportations de produits de base et ont vu leurs parts du marché des produits de base augmenter aux dépens de l’Afrique.

Ces parts pourraient être récupérées. De nouveaux produits agricoles, comme par exemple les exportations horticoles du Kenya, doivent faire face à une forte élasticité de la demande par rapport au revenu dans les pays industrialisés et, avec l’entrée de nouveaux producteurs comme le Zimbabwe, les marchés deviendront plus concurrentiels. Les crevettes constituent un autre marché mondial d’exportation à croissance rapide, sur lequel l’Afrique pourrait accroître sa part actuelle.

(v) Encourager l’épargne et l’investissement  Pour augmenter le taux de croissance économique, il faut accroître l’épargne et l’investissement. Accroître l’investissement est un moyen d’incorporer le progrès technique. La stabilité macro-économique est nécessaire pour stimuler l’épargne et l’investissement intérieurs. Les ménages et les entreprises doivent aussi être convaincues que les mesures en vigueur se maintiendront.

Ce qui est tout aussi important, c’est de renforcer les droits de propriété dans le cadre de l’état de droit de sorte qu’il soit possible de faire respecter les contrats et que les épargnants et investisseurs puissent faire des plans à long terme.

Un climat économique qui stimule l’épargne et l’investissement intérieurs attirera probablement aussi l’investissement étranger. Des ‘visions’ industrielles, telles que celle du Nigéria pour l’an 2010 (conçue par un gouvernement antérieur mais maintenant abandonnée), constituent aussi un cadre propice à une politique à long terme. Elles sont particulièrement utiles si l’on peut convaincre les entreprises et les ménages de leur crédibilité et inciter ces derniers à les utiliser pour établir leurs propres plans.

(vi) Aider les pauvres des campagnes  Si l’on veut que la croissance économique future de l’Afrique suscite un développement réel, il faut en diffuser largement les avantages. Une plus grande sécurité des moyens d’existence, et notamment de l’alimentation, aidera les couches défavorisées de la population rurale. Les grands progrès de la productivité agricole rendus possibles en Chine après 1978 par la réorganisation massive de l’agriculture ne sont guère réalisables en Afrique, pas plus que les progrès décisifs à caractère technologique suscités dans d’autres pays asiatiques par la ‘révolution verte’ ne se sont révélés faciles à appliquer dans le cas de la plupart des cultures africaines, à l’exception du maïs.

Par conséquent, il sera plus difficile pour l’Afrique de parvenir à une croissance induite par l’agriculture et donnant lieu à une forte augmentation des emplois non agricoles dans les industries et les services ruraux. C’est toutefois l’objectif à atteindre dans tous les cas où c’est possible. Une chose est sûre c’est que les progrès en matière de traitement des produits agricoles renforceront la sécurité alimentaire.  (vii) Encourager les microentreprises et les PME  Les moyens de subsistance des pauvres de la population urbaine et rurale dépendront fortement de la croissance de l’emploi suscitée par les microentreprises.

De nombreuses contraintes autres que le manque d’accès au crédit gènent l’expansion des microentreprises et il n’est guère prouvé que les microentreprises se transforment progressivement en petites et moyennes entreprises. Il faut que les mesures intéressant les microentreprises se concentrent en premier lieu sur la manière de renforcer la sécurité des moyens de subsistance. Dans le secteur ‘plus structuré’, les PME ont d’autres préoccupations, telles que la nécessité d’obtenir des crédits pour les investissements dans les équipements fixes.

Au niveau sectoriel, la politique industrielle pourrait renforcer la compétitivité de ces PME en facilitant leur regroupement, ce qui a rendu des pays en développement d’autres continents plus compétitifs.  (viii) Garantir la stabilité pour créer de nouveaux débouchés  Il y a de grands écarts dans les résultats actuels des différents pays africains et probablement leurs niveaux de revenus deviendront plus fortement différenciés.

Il existe des possibilités de progrès rapides dans les pays où règne la stabilité politique et où la politique industrielle est stable, et qui respectent la légalité. Dans ces pays, les investissements dans l’infrastructure, peuvent être réalisés par des investisseurs attirés par les possibilités qu’offre la privatisation, pourraient renforcer rapidement la compétitivité industrielle et la productivité, une fois que les investisseurs nationaux se seront montrés résolus à adopter une vue à long terme.

Les apports de fonds de donateurs peuvent faire progresser rapidement la croissance industrielle à court terme en supprimant les contraintes de change auxquelles est dû le faible taux d’utilisation des capacités. Une expansion industrielle réelle peut déboucher sur des progrès technologiques. La question est de savoir comment rendre l’expansion durable en augmentant l’investissement intérieur de même que la productivité agricole et industrielle.


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